Nous continuons notre traversée de la Grèce en passant par Thessalonique, les météores et Igoumenitsa, d’où nous sommes censés prendre le bateau. Puis avec le corona virus, les choses s’accélèrent, nous prenons le bateau pour Ancône, évitons les zones critiques en Italie, et roulons jusque Briançon.

Thessalonique, la deuxième plus grande ville de Grèce après Athènes. De la ville on voit le mont Olympe, de l’autre côté de la baie. Sous un ciel bleu assez embrumé, et la mer à ses pieds, il est magnifique.

Au programme, lessive et visite du musée archéologique. On se gare sur un grand parking et nous croisons Mélanie, « roule galette », pas la peine de dire sa région d’origine! Elle est avec ses deux enfants, et ils attendent le retour de son mari. Il effectue une dernière mission d’un mois, avant de revenir et continuer leur voyage de huit mois. Elle me parait bien dégourdie de rester seule avec ses enfants. Je pense qu’ils auraient aimé trouver des compagnons de jeu, mais bon, désolée! Nous prenons nos vélos et sacs de lessive pour passer une merveilleuse soirée dans un lavomatic tout équipé.

Le lendemain, on se balade à vélo dans la ville, enfin surtout le long du quai aménagé pour piétons et c’est cool. Le musée est intéressant car il montre les objets de la vie quotidienne des grecs antiques, il complète les ruines que nous avons précédemment visitées (en Turquie). La pièce maîtresse est le cratère, une grande jarre en alliage, qui la fait sembler être en or, décorée du culte de Dionysos, et dans laquelle ils mélangeaient l’eau et le vin. On passe devant la tour blanche, symbole de la ville, et devant l’œuvre ‘parapluies’ de l’artiste grecque Yiorgos Zongolopoulos.

Toujours sur le parking, nous croisons Maxime et Adeline, partis pour deux ans, avec un pick-up aménagé par eux même. Pas mal du tout, bien pensé! Et prêt pour les pistes de Mongolie. Ils aiment la musique, transportent des instruments particuliers, et profitent de leur voyage pour composer.

Nous ne restons pas à Thessalonique. C’est quand même la ville, et donc un peu bruyant, on préfère avancer. On se pose pas mal de questions sur la suite de notre itinéraire; je l’ai déjà dit, j’ai le nez dans les annonces, le coronavirus qui commence à s’étendre, et un temps un peu trop froid pour profiter des côtes d’Albanie et Croatie. Nous revenons à notre idée de départ : prendre le bateau pour gagner du temps et des kilomètres. A ce moment de notre réflexion nous voulons aller jusque Venise et la visiter avant de rentrer. On voudrait aussi passer au mont Olympe, y randonner un peu. Atteindre le sommet demande 2 jours de rando et un bivouac. On veut aussi visiter les météores, tous ceux que nous avons croisé nous ont dit de ne pas les rater. A tel point que Philippe a peur d’être déçu. Mais si on veut prendre le bateau à la fin du mois il faut faire des choix. Les météores ou le mont Olympe!

On longe la côte pour contourner le Mont Olympe, on passe une nuit tranquille en bord de mer et on continue jusqu’aux météores.

Mais c’est quoi les météores? Des trous de météorites?! Un phénomène géologique?! Même si je savais ce que ça représentait, ça me trottait dans la tête cette affaire. Bon alors oui et non, c’est en partie un phénomène géologique, mais pas grand chose à voire avec les météorites. En fait, ce sont des monastères « suspendus dans le ciel », ils ont été construits vers le 14ième siècle, sur des pics rocheux. Ces pics ont été constitués par une énorme rivière qui charriait sable et galets; et avec le temps et l’érosion, les parties les plus solides sont restées érigées comme des pics. On arrive dans la ville de Kalambaka, on voit les monts rocheux au loin, nous allons d’abord déjeuner. On se retrouve dans un lieu très touristique; restaus, cafés, terrasses, carte des cocktails, burgers, musique… On déjeune en terrasse au soleil avec musique lounge et tout le tralala.

Ça donne l’impression de « grouiller, en bas dans la ville du péché » et d’être observé par les moines, surplombant la ville, et menant leur vie ascétique. On pourrait presque se sentir coupable…. Mais non!

Les monastères étant toujours en activité, les horaires de visites sont compliqués, il faut préparer le planning de visite. On finit notre déjeuner, et on visite notre premier monastère, celui de Saint-Etienne. Il est facilement accessible grâce à un pont. La construction est impeccable, les murs du monastère sont dans la continuité de la roche. On entre, j’enfile la jupe réglementaire, (pour une fois c’est pas le voile); ici ce sont des orthodoxes. On profite de la vue la-haut, et on visite l’église. Elle est ultra colorée, et pleine de dorures et de bois sculpté. J’adore! :D. Encore une fois j’ai l’impression que des grands couturiers ou photographes (David Lachapelle) se sont inspirés de ces couleurs et dorures clinquantes… Philippe observe les peintures/dessins, c’est très très gore. Les aspects un peu naïfs et bd le dérangent. Les scènes de martyres sont très détaillées. C’est limite dérageant. Les photos sont interdites. On en fait quand même discrètement 2 ou 3, puis arrivent d’autres touristes, et eux, c’est une frénésie de photos, bien qu’une « sœur » répète à plusieurs reprises, « no photo ».

Nous n’avons pas le temps de visiter un deuxième monastère aujourd’hui, nous continuerons demain.

Le lendemain, on visite le monastère de Saint- Varlaam. L’église a l’air plus ancienne, les peintures sont plus sombres, mais restent impressionnantes. On voit un peintre en train de les restaurer. On visite le musée, et on découvre le mode de vie des moines à différentes époques. Au début ils avaient un système plutôt archaïque pour accéder au monastère. Celui qui voulait monter se mettait dans un gros filet, qu’il accrochait à une corde. Et la-haut d’autres moines tournaient une grande roue pour enrouler la corde et monter leur compagnon. Fallait avoir confiance… et pas trop de vent! :p

Il y a d’autres monastères à visiter, on pourrait randonner, il y a même de la via ferrata, mais le cœur n’y est plus. On a l’esprit ailleurs. On se demande toujours quel itinéraire on va suivre. Venise, (en Vénétie) est dans une région très touchée par le coronavirus, on ne veut plus y aller, et on ne veut pas prendre le risque d’être coincés en Italie, donc il faut se dépêcher de rentrer….

Bref, on arrête de visiter les météores, et on reprend la route vers Igoumenitsa. On en profitera une prochaine fois.

En route on réserve les billets pour Ancône en Italie, au lieu de Venise. Nous faisons le plein de courses et d’essence pour traverser l’Italie en complète autonomie. Nous longerons la cote italienne jusque Briançon.

Nous prenons le bateau à 23h, vraiment pas grand monde; surtout des routiers. C’est très calme. Nous n’avons pas le droit de rester dans le camping car, mais nous avons une cabine (sans hublot) offerte avec le billet. Normalement il faut 16h pour arriver à Ancône. Horaire prrrresque tenu :D.

En Italie on croise beaucoup de camping-cars. On trace la route, et ça roule vite. Une dernière nuit en bord de mer, pas loin de Livourne et Pise. Ici le soir les sangliers sont nourris avec les restes des pizzas. Je dis bien sanglier! Pas cochon sauvage! Incroyable! Ils viennent presque manger dans la main des pizzaïolos. J’ai voulu m’approcher pour faire des photos, mais j’ai eu la trouille 😀

Bon allez, bonne nuit! Demain si tout va bien on est en France!

On roule, on roule, on roule, on voit à peine les Alpes dans les nuages bien bas.

Puis :

Tadaaaa !!!! Mélange d’émotions. On est tristes que ça se finisse, soulagés d’être arrivés, excités de revoir tout le monde, et de rentrer au pays … On cogite pour la suite…

Piouuuu, 10 petits mois, c’est passé super vite ! Et c’était magique, magnifique, merveilleux ! Bientôt un petit bilan…

Catégories : Grèce

16 commentaires

Soria Marinette · 6 mars 2020 à 11:53

MERCI MERCI POUR TOUTES CES INFOS BON RETOUR CHEZ VOUS

    Estelle Rhoo · 7 mars 2020 à 11:15

    Merci 🙂

Guy ANGEE · 6 mars 2020 à 12:04

bon retour 🙂

    Estelle Rhoo · 7 mars 2020 à 11:13

    Merci Guy ! Au fait, « ainsi parlait Zarathoustra » sans explication de texte, j’y arrive pas hein … 😜

Maerten · 6 mars 2020 à 12:58

Bon retour

    Estelle Rhoo · 7 mars 2020 à 11:15

    Merci 🙂

Ron en Eveline Flink · 7 mars 2020 à 09:09

Bon retour 🙋‍♀️🙋‍♂️

    Estelle Rhoo · 7 mars 2020 à 11:15

    Salut vous deux ! Finalement vous avez eu du nez de ne pas aller en Iran. Chouette la Géorgie ! Bon voyage !

Fillon · 7 mars 2020 à 11:55

Bon retour. Profitez bien des retrouvailles en famille. Et continuez de rêver à un éventuel autre voyage ; où nous aurons peut-être le plaisir de vous croisez à nouveau… 😉

    Estelle Rhoo · 8 mars 2020 à 20:07

    Merci les Choupounoux ! J’espère bien qu’on se croisera à nouveau sur les routes ! On y prend goût hein ?!😃

dominique · 7 mars 2020 à 13:00

Ça doit être difficile ,bon courage ,vous nous avez fait rêver aussi pendant 10 mois avec vos beaux reportages ,vos differentes rencontres ,et vos beaux reçits 😊😊😊

    Estelle Rhoo · 8 mars 2020 à 20:12

    Merci Dominique! ☺️Ca fait aussi du bien de revoir la famille et les copains. Et on prend le temps pour atterrir… jusqu’ici tout va bien 😉

Cécile M · 8 mars 2020 à 14:33

Ouin c’est fini de rêver devant vos photos :'( Merci pour ce beau voyage que vous avez partagé, et bon retour en France…

    Estelle Rhoo · 8 mars 2020 à 20:06

    Oui c’est fini mais on garde des souvenirs plein la tête, et c’était un plaisir de partager. On se verra peut être bientôt 😉

Vincent · 8 mars 2020 à 22:43

Un immense bravo pour ce que vous avez fait, c’est fabuleux ! Vous avez eu un courage énorme de vous lancer dans cette aventure et je pense que vous en avez été largement récompensés avec toutes vos découvertes et vos rencontres !
Merci pour tous ces paysages de rêves et ses commentaires qui nous donne une envie de découvrir toutes ces contrées.
Et merci encore pour votre carte postale du pays du Père Noel à l’équipe APICIL de Vaise ! Je crois qu’elle aura mis plus de temps pour transiter de Caluire à Vaise que vous n’en avez mis pour monter à votre point culminant du nord de l’Europe.
Bon retour en France et bonne ré-acclimatation à vous deux !
Vincent

    Philippe · 18 mars 2020 à 15:07

    Merci beaucoup Vincent pour ce commentaire !
    Avec le recul, même si cela parait difficile au début de se lancer, on se rend compte maintenant que ce n’était pas si compliqué que cela. Il faut dire que, comme tout s’est très bien passé pendant notre séjour, c’est encore plus facile. Et tous ces paysages, toutes ces rencontres, nous confirment qu’on a bien fait de le faire!
    Notre retour en France est une nouvelle aventure en soi dans cette période de confinement !!
    Encore merci et j’espère à une prochaine autour d’un verre !
    Philippe

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