Nous passons quelques jours à Boukhara, avant d’aller dans la région du Khorezm dans le désert de Kyzyl Kum et terminons par Khiva.

Boukhara est une grande ville dans laquelle tous les points d’intérêts historiques sont concentrés. C’est pratique! Nous nous posons sur un grand parking tranquille à coté de la forteresse de l’Ark. Nous commençons par la visite de celle-ci. Il n’en restait plus grand chose jusqu’à la restauration par les russes. D’ailleurs on peut le dire de pratiquement tous les monuments Ouzbèkes. On entre dans la forteresse, nous visitons sa mosquée, et plusieurs cours, terrasses et musées qui ne nous ont pas beaucoup intéressés. On a retenu que le dernier émir y a vécu jusqu’au 20ième siècle, et que les émirs/khans étaient assez cruels. Il y avait pas mal de tentatives d’échanges et d’espionnages avec les anglais et les russes, et ils en ont fait les frais via divers tortures et exécutions. Nous avons aussi visité une prison, où les condamnés étaient laissés dans des trous de 6 m de profondeur et où on leur jetait des parasites type punaises pour les occuper jusqu’à leur mort…. Tout un programme.

Nous passons devant la mosquée de Bolo-Khaouz célèbre pour ses hauts piliers en bois.

Puis nous allons visiter la grande mosquée Kalon. La deuxième plus grande (par sa dimension) après celle de Bibi Khanoum à Samarcande. Comme elle a été restaurée avec des fonds de l’Unesco, elle est ouverte aux non musulmans. Nous sommes entrés par une petite porte sur le coté, c’est toujours très calme l’intérieur des mosquées. Là il n’y a personne… Comme j’ai oublié mon foulard, j’attends sagement pas loin de la porte et je fais des photos pendant que Philippe part le chercher. Et à un moment, un type se dirige vers moi, me parle fort et me fait signe de bouger vite! Je me suis sentie mal! J’ai vite compris pourquoi, c’était la sortie de la prière des hommes! Je me suis cachée entre les piliers en attendant que Philippe ramène mon foulard… Oups! Ensuite, de nouveau plus personne et des touristes sans foulard. Ambiance zen, soleil lumineux et ombre fraîche. Nous avons continué la visite jusqu’à l’entrée de la madrasa Mir-i Arab , juste à coté, encore en fonction. Donc interdit de rentrer. Ça fait un peu penser au couvent sauf que les élèves entrent et sortent comme ils veulent.

Puis nous avons marché dans les rues de Boukhara. Comme le centre historique a en grande partie été restauré, ça donne un peu l’impression de se balader dans une ville nouvelle… Je trouve ça à la fois chouette, parce que les monuments sont vraiment bien restitués, mais ça fait aussi un peu faux, on n’y trouve que des touristes et des marchands de souvenirs… En même temps s’il n’y avait pas eu cette restauration on ne verrait plus rien du tout aujourd’hui. A Samarcande et à Boukhara on a pu voir des photos avant/après restauration, le travail en cours de restauration dans la mosquée de Bibi Khanum : « Il n’y a pas photo! »

Nous sommes allés jusqu’à la madrasa de Nadir Divan-Beghi. Je l’aime bien celle ci parce qu’initialement c’était un magnifique caravansérail. Lors de son inauguration, le khan du coin a trouvé que c’était une jolie madrasa, Personne n’osant s’opposer, elle est devenue madrasa avec une jolie décoration figurative :D. Puis pose avec le poète fou Hodja Nasruddin, et un petit verre sur la jolie place ombragée au bord de l’eau avec restaus pour touristes, à coté des joueurs de dominos…

On s’est aussi baladé dans le quartier juif, où les ruelles sont plus étroites, pleines d’hôtels charmants, avec des petites cours intérieures verdoyantes.

On a encore trainé de banques en hôtels pour des dollars, sans succès, puis nous sommes allés dans un restau à touriste, avec l’espoir de ne pas manger trop gras… Ce n’était pas une réussite. Il y avait de la musiiiiiique ! Petite vidéo! Humm

Après Boukhara nous partons voir les citadelles de l’époque zoroastrienne, dans la région du Khorezm. Petite traversée de zone désertique, joli coucher de soleil, et ruines.

Les citadelles fortifiées datent de plusieurs siècles avant JC et jusqu’au 10ième siècle après. Elles n’ont pas été détruites par Gengis Khan. Extraordinaire!!! Mais pas entretenues non plus. Donc il ne reste pas grand chose. On y accède comme on veut, il y a des morceaux de poteries un peu partout, une trace de fouille archéologique à l’abandon. Nous sommes seuls. Un renard se sauve à travers la forteresse et nous observe au loin. On s’imagine, à l’époque où il y avait la vie ici, à l’abri des forteresses, à guetter l’horizon… Mais de quoi vivaient ils? Ha oui! La région a longtemps été fertile grâce à l’Amou Daria. Puis un tremblement de terre en a dévié la course. Plus tard l’assèchement de la mer d’Aral et la dispersion du sel sur les terres les rend peu à peu stériles. Aujourd’hui, il y a encore de la culture de coton grâce à la canalisation de l’eau de l’Amou, mais on voit bien que les végétations qui subsistent sont les plus « résistantes ». Les couleurs sont jolies, le jaune des arbres, le rose des arbustes, les herbes de la pampa… Nous rechargeons le camping-car en eau, et faisons une chouette rencontre avec des locaux. Des grands sourires, ils nous parlent en russe, on leur répond en anglais, on ne se comprend pas…. Ils nous invitent à boire le thé et à manger… Mais on a de la route à faire, et on sait qu’on aura du mal à communiquer, donc on décline. Ils nous aident à remplir les bouteilles et on se prend tous en photo ! Faudra vraiment qu’on apprenne le russe pour la prochaine fois!

Direction Khiva.

Nous campons à l’entrée de la forteresse qui renferme la vielle ville. Au milieu des bus, et à coté d’un bel hotel. C’est drôle, nous resterons 4 jours ici en attendant le jour J pour la traversée du Turkménistan, et tous les jours nous verrons des mariages défiler. L’endroit doit être réputé pour ça. C’est relativement calme quand même.

Musique traditionnelle de mariage. Jamais entendu ça avant…

Khiva est encore plus refaite que Samarcande et Boukhara. Ça donne l’impression d’être dans un joli parc d’attraction sur le thème : l’Asie centrale au 18ième siècle. Je ne vais pas détailler tout ce qu’on a visité. C’est un vrai labyrinthe! Le pass pour visiter les monuments est valable deux jours et ce n’est pas trop. C’est agréable de se balader dans cette nouvelle vieille ville, quasiment piétonne, ses murs couverts de torchis marron glacé, (oui la cuisine française me manque) et ses briques bleues. Encore une fois les explications nous montrent à quel point ce monde était cruel… Par exemple, architecte était un métier à haut risque : s’ils n’arrivaient pas à s’engager sur des délais de construction courts, on les éliminait; s’ils faisaient un excellent travail, ils avaient intérêt à fuir pour éviter que leur commanditaire ne les tue afin de les empêcher de travailler pour la concurrence (c’est la version ancienne des closes de non-concurrence, non?!)

Certains palais couverts de majoliques sont fabuleux. J’aurai aimé savoir comment elles sont dessinées et fabriquées. Nous n’avons pas vu de démonstration ou d’explication pendant notre traversée du pays. Je reste donc intriguée par les motifs symétriques et compliqués qui ne sont pas « synchronisés » avec la taille des carreaux…. A creuser…

Ha j’ai aussi fêté mon anniversaire à Khiva! Avec vue sur le minaret Kalta minor. 😀

Ce qui est frappant c’est de voir des photos de la fin du règne des émirs ou des khans. Eh oui, on a pu les photographier! Ils posent dans leurs apparats avec sabre ou couteau. Il y en avait une du dernier emir de Boukhara avec le tsar Nicolas II. On voit aussi des scènes de la vie quotidienne dans les rues de la ville…. C’était quand même il n’y a pas si longtemps… Début du 20ième siècle, des contemporains de mon arrière grand mère quoi…

A ce propos on boucle la boucle avec la Russie… Le peintre Verechtchagine a côtoyé les derniers émirs. Quelques uns de ses tableaux nous avaient interpellés à Moscou… Ci-dessous le tableau « Ils sont triomphants », on y voit le Chir Dor, au Registan à Samarcande – avant sa décrépitude complète et sa restauration. On reconnait les motifs figuratifs sur le Chir Dor, et les motifs des habits des personnages, toujours présents sur les stands d’écharpes et de vêtements – pour touristes. On y voit aussi la tête de soldats russes sur les piques, ce qui rappelle la cruauté des émirs décrite via quelques illustrations dans les musées. Du coup ça rend le tableau vraiment vivant, si on peut dire….

Voilà, ces visites auraient été plus riches si on s’était mieux débrouillé pour choper un guide. Le fait d’être autonome nous a cependant montré la différence d’accueil ou d’échange entre les campagnes et les sites touristiques.

Demain nous passons la frontière vers le Turkménistan, pour 5 jours max de traversée, sans doute sans réseau. Ensuite l’Iran et de nouveau du réseau. Ne le cachons pas, nous sommes anxieux de notre voyage en Iran. Ça nous pollue depuis quelques jours. Les tensions politiques sont montées depuis notre départ. Nous ne sommes normalement pas concernés. Croisons les doigts!

Catégories : Ouzbékistan

4 commentaires

Guy ANGEE · 6 novembre 2019 à 21:24

🙂 whaaa c’est chouette ! ah oui bon anniv au fait !! bon j’espere que vous avez lu un peu de zarathroustra pendant votre passage sur ces terres (au hasard, livre IV « parmi les filles du désert » 😉

    Estelle Rhoo · 7 novembre 2019 à 20:46

    Pas encore lu… Je vais essayer, ça sera toujours d’actualité dans le pays où nous sommes actuellement 😀

Alinetonson · 6 novembre 2019 à 23:14

Ah 😊 j’adore la bouille de Philippe au restau 😁😁

    Estelle Rhoo · 7 novembre 2019 à 20:48

    Je m’en doutais.. :D, j’en ai une autre pas mal non plus… je vais commencer une collection 😀

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