Nous quittons Ispahan pour Kashan et le désert de Maranjab, avec une visite éclair d’Abyaneh.

Nous faisons une belle route, entre montagne et plateau et allons jusqu’au village d’Abyaneh dans la montagne. En arrivant, il caille et il n’y a pas un chien. La particularité du village est qu’il est rouge, de la couleur de la terre des montagnes, et les femmes ont une tenue typiquement colorée. La seule que j’ai croisée n’a pas voulu se faire photographier. Nous avons donc fait un aller-retour à pied dans le village et sommes repartis direction Kashan.

Nous arrivons de nuit et campons dans un immense parking en amont de la ville. Les gardiens sont très sympas, le parking est arboré et agrémenté de bosquets pour pique-niquer, des lampadaires partout et il est complètement vide. On tourne un petit moment avant de trouver la bonne place, c’est toujours comme ça quand il y a trop de choix. On a passé une nuit tranquille, en hauteur, avec vue sur la ville.

On a rendez vous avec Abbas et Zeinab le lendemain pour aller visiter le désert de Maranjab. On commence par la visite de la « ville » souterraine Nushabad. Elle a été construite pour se protéger de l’invasion des mongoles. C’est un réseau souterrain de 8 km sur plusieurs étages, avec des systèmes pour faire circuler l’air et l’eau, et des pièges pour les intrus. Ce réseau a été redécouvert par hasard après qu’il ait été complètement oublié pendant plusieurs centaines d’années, et bien que les anciens l’évoquaient sous forme de légende. On visite aussi un immense réservoir d’eau, construit à l’époque sassanide qui récupère les eaux de pluie et celles de la montagne. La taille des murs est impressionnante et à la mesure de la force nécessaire pour contenir ce volume d’eau.

On prend la route pour le désert, juste à côté de la ville. On aurait pu y aller par nous même mais il y a des zones militaires et pas mal de contrôles des véhicules touristiques, on n’avait pas envie de s’embêter. En route on croise un petit troupeau de dromadaires, apparemment en période de reproduction, donc pas super détendus…

Plus loin dans le désert un couple fait une séance photo de mariage avec photographes, drone et compagnie. Le sable est super fin. Petit instant causette, et Zeinab finit par dire qu’elle a un copain mais ne veut pas se marier. Hooo ! Mais comment est ce possible ?! Hé bien ça passe bien dans son entourage, les gens sont tolérants. Comme quoi ça progresse! Séance de sauts, et elle a écrit nos noms en Farsi dans le sable !!!! ❤️❤️❤️ On continue jusqu’au désert de sel. Sur la route on voit passer des camions chargés de sel. Le soleil se couche et nous retournons au campement au bord du désert pour pique niquer.

On retrouve les mariés et leur équipe de photographes. Ils partagent leurs sandwichs, nous avons toujours la compagnie de dromadaires. On n’est pas du tout dans l’ambiance mystique du désert avec nuit étoilée, et thé chaud sous la tente et les tapis. Ici il y a un caravansérail avec des néons de toutes les couleurs, une petite épicerie, un barbecue aménagé, et les camions de sel continuent de bosser la nuit. Mais l’ambiance est sympa, ils partagent les photos de l’après midi et des vidéos internet « d’arabes » qui font des conneries dans le désert. Ils aiment bien se moquer des arabes.

Vient le moment d’aller dormir, et là, Zeinab nous explique qu’une fois, une touriste ayant pris peur de rester seule dans cet endroit, l’avait suppliée de rester passer la nuit avec elle. On comprend donc que nous passerons la nuit à deux uniquement : ils retournent dormir chez eux et viendront nous chercher demain matin…. Mouais. Cette nuit n’était pas nécessaire en fait. Bref, pour dormir nous avons le choix : soit un habitat un peu étrange, soit une espèce de dortoir. Ils nous nous font visiter les deux, et nous vantent les bienfaits du premier. C’est une construction à base de sacs de sable empilés en rond. C’est une yourte de sable. En son centre un chauffage sous des couvertures pour y mettre nos pieds. Bien qu’étrange, ça me parait plus engageant que le dortoir…. Nous nous installons tout habillés dans des draps propres (je précise) et finalement le chauffage au pieds c’est très efficace ! Peut être même trop ! Nuit un peu raide sur les matelas peu épais. Au matin, j’éprouve encore la sensation agréable d’être dans un espace rond, dont la lumière émane du centre. C’est douillet enveloppant et réconfortant. Ça me donne l’impression d’être dans un cocon. Si on fait abstraction de la déco chelou.

Le lendemain matin une petite ménagerie nous accueille auprès du feu : âne, dromadaire, canards, chiens, poules…. petit dej sur le pouce et Abbas nous ramène. Le chemin du retour sera assez drôle en l’écoutant nous raconter ses expériences avec des touristes cosmopolites. Zeinab et lui étaient vraiment cools.

Nous continuons la journée en allant visiter le jardin Bag-e Fin, qui était également un hammam, période Qadjar. La déco est raffinée, c’est agréable de se balader dans les allées boisées et agrémentées de bassins où l’eau est en perpétuel mouvement.

Puis une maison bourgeoise, Qadjar, du 19ième siècle, Khan-e Tabataei, construite pour un marchand de tapis richissime. Elle est couverte de stucs, de miroirs, avec des maisons d’hiver et d’été, jolies cours intérieures. Pour finir on voulait visiter un joli hammam et y dîner, mais ils avaient des pb de CB, et nous pas assez d’espèce. Ben tans pis! Et enfin nous allons nous promener dans les petites rues de la vieille ville de Kashan.

Après une 2ième nuit au parc, nous prenons la route pour Teheran.

Catégories : Iran

2 commentaires

Mel · 31 décembre 2019 à 11:53

Très jolis paysages encore une fois et une nuit insolite en plus…

    Estelle Rhoo · 3 janvier 2020 à 18:19

    Oui… dormir dans une pièce ou une yourte ronde c’est vraiment super agréable …. mais un peu bizarre quand même ce coup ci. J’ai vu par la suite que la “table chauffante” était vraiment utilisée avant…

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