La route M32 est assez connue! Elle va de Aqtobe à Shymkent. Avec elle nous traverserons le pays vers le sud en passant par la mer d’Aral et ses carcasses de bateaux russes, par Baikonour et son cosmodrome et par Sauran.

Commençons par la loose, 😉

Alors la mer d’Aral?! Et bien…. Vraiment glauque. Les guides ne recommandent d’ailleurs pas vraiment cette destination, et ils ont raison. Un peu d’histoire pour planter le décor. La mer d’Aral était le 3ième plus grand lac salé du monde. Pendant la période de disette du temps de l’union soviétique, Aral a approvisionné le reste du pays en poissons. De plus les eaux de la Syr Daria et de l’Amou Daria qui approvisionnaient cette mer ont été surconsommées pour la culture du coton et même de rizières, ce qui a vidé la mer et l’a rendue hyper saline. Cela a fait crever les poissons. Plus de poissons, plus d’oiseaux, et le vent a transporté les résidus de sel sur les terres alentours et les rendant stériles.

Même si la route principale d’entrée au village nous réserve un accueil chameureux (je commence à faire des blagues à papa), le village apparaît sinistré. Les infrastructures de l’ancien port gisent au bord d’un trou où avant il y avait la mer. Maintenant ce sont les chèvres qui broutent au bord de mares peu engageantes. On pensait voir les carcasses des bateaux, mais elles ont été désossées par les villageois qui en avaient besoin. Une ONG organise des voyages en 4*4 pour aller plus loin dans le désert, voire d’autres carcasses et surtout le nouveau barrage grâce auquel la mer revient, puis voir la mer dans laquelle la pêche peut de nouveau avoir lieu. Mais à l’adresse de l’ONG, une salle de réception hantée par deux serveuses qui squattent dans une pièce sombre et climatisée. Allez on se casse. On erre un peu dans le village pour voir si on peut se garer quelque part et manger. Très compliqué, et les visages ne sont pas accueillants. On reprend la route. On y retournera le lendemain matin pour quelques photos, histoire de ne pas repartir complètement bredouilles.

2ième loose : Baïkonour! Mais celle-là on s’y attendait un peu. C’est une zone qui est encore sous contrôle Russe et il faut une autorisation pour entrer dans la ville et le cosmodrome. Notre calendrier n’étant pas réglé au quart de pet de seconde, on n’avait pas fait la demande. Nous sommes allés jusqu’aux portes de la ville et Philippe n’a pas voulu essayer de passer :-(. Bon de toute façon il y avait peu d’espoir…

Voilà. Maintenant les trucs chouettes!

D’abord il faut décrire la route. Droite. Elle est réputée pour être en bon état. Ce qui est vrai à partir de Qarabutaq. Avant il y a encore pas mal de trous et bosses, et à un moment un tronçon était fermé pour travaux, ce qui nous a obligé à passer par une piste de contournement. A part ça, nickel. Mais faut quand même être super attentif car des trous ou « des vagues » apparaissent quand on s’y attend le moins et nécessitent ralentissement pour ne pas bousiller les pneus et les amortisseurs.

Le paysage est réputé pour être monotone, mais nous, on ne s’en est pas du tout lassé. C’est très plat, aride, parfois désertique. Peuplé de chevaux, beaucoup de chevaux. Ici ils les montent et surtout ils les mangent et c’est très bon. Des chameaux, des dromadaires, des chèvres, des moutons et des vaches, tous en liberté. Il n’y a pas de clôture. Le soir on voit les gardiens à cheval ou en moto ramener tout ce petit monde on ne sait où, les faire traverser les routes sans trop se soucier des voitures et des camions qui ne ralentissent pas toujours autant que nous. Ça nous donne le sentiment de liberté. Le paysage est lumineux, et nous fait penser au drapeau kazakhe, jaune et bleu. Il reverdit à l’approche de la Daria, à partir d’Aiteke be.

Nos nuits se font dans les parkings des stations services qui font office de camping et où souvent se trouvent aussi hôtel et restaurant. Nous sommes garés au milieu des camions, c’est bruyant, mais on n’a pas vraiment le choix.

Nous avons raté la mer d’Aral, mais en continuant sur la route, on a fait une halte au bord du lac Qamystybas. Une petite merveille. Un lac de couleur bleue verte au milieu du désert. Des herbes hautes, des oiseaux. On découvre une station balnéaire, fermée, et on ne peut pas rester sur le parking. On retourne dans un petit chemin pour la pause dèj!

Nous poursuivons notre route jusqu’à l’ancienne ville de Sauran, une ruine bien conservée. C’était une ville fortifiée et capitale des mongols de la horde blanche au 14ième siècle. Nous grimpons sur ces ruines et observons l’horizon à des km à la ronde. Nous sommes seuls au monde.

Nous tenterons un campement pas loin de ce lieu remarquable, mais trop près de la voie ferrée; finalement nous finirons sur un parking d’autoroute. Mal dormi. Demain on attaque la ville de Turkestan.

Catégories : Kazakhstan

2 commentaires

Cécile M Alcyor · 11 août 2019 à 21:41

Il est très beau ce lac au nom imprononçable… toujours de très belles photos

    Estelle Rhoo · 12 août 2019 à 15:41

    Merci merci 🙏🙂

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