Nous sommes sur la fin de la M-32. On passe par Turkestan. Puis la chaleur assez difficile à supporter nous fait choisir le parc national d’Aksou Jabagly. Nous aurons maintenant 4h de décalage avec la France.

En route vers Turkestan, les températures deviennent compliquées pour nous. Nous n’arrivons pas à rester en dessous des 30 degrés même avec la clim en roulant. A l’arrêt c’est pire puisque notre clim faite maison nécessite quelques ajustements… Nous ferons une pause à l’hôtel! Oui Monsieur! Oh punaise! Un grand lit! De la clim! Une douche aussi longue que je veux! Le calme! On file notre linge à laver, y compris les draps, et on part déjeuner un très bon plov dans un des restaus recommandés par le guide. Retour à l’hôtel durant les heures chaudes, nous ressortirons vers 18h pour visiter le mausolée de Khoja Ahmed Yasawi, le premier grand sage soufi musulman turc. Le mausolée est ordonné par Tamerlan, couvert de faïences bleues, avec le plus grand portail d’Asie Centrale. C’est un site qui comporte d’autres monuments, et c’est un important site de pèlerinage. On sent la fraicheur en déambulant dans le mausolée. Alentours les gens sont assis, profitent de l’ombre, laissent les enfants jouer, on entend les oiseaux chanter, la lumière est belle, c’est cool. Dîner au même endroit que le midi mais ambiance différente, le lieu est presque entièrement privatisé pour une fête anniversaire de quelqu’un ayant les moyens :-), musique danse et jolies tenues! Nous rentrons tôt, recevons notre linge, et dodo. Entre temps Beibut nous aura proposé de rencontrer sa soeur qui vit à Turkestan. Mais c’est un peu trop juste, nous devons partir le lendemain. En partant nous constaterons que le linge nous aura coûté aussi cher que la chambre (un peu moins après négociation).

Après Turkestan, direction la réserve d’Aksou Jabagly. On espère y trouver de la fraîcheur et randonner un peu. On fait une pause déjeuner à Shymkent en cherchant un endroit frais et où on peut se garer. Ce sera un bar dans le parc de la ville. Joli lieu avec terrasses brumisées mais on choisit quand même l’intérieur climatisé. Joli deco très européenne branchée confortable et musique lounge. Pas très dépaysant mais efficace pour nous rafraîchir . On choisit nos plats avec les images et on comate tranquillement avant d’aller affronter la chaleur. Et là c’est dur. Le thermomètre affiche 50 degrés dehors. A l’intérieur il montera jusque 35. Un intégral c’est bien mais les baies vitrées ça chauffe. 🥵

La route vers Aksou Jabagly traverse la steppe et longe les montagnes proches de la frontière avec le Kirghizistan et l’Ouzbékistan.

On arrive chez Ruslan, qui organise les randos accompagnées (obligatoirement) de guide. L’endroit est très joli, une oasis de verdure au milieu d’un paysage aride. On se gare sur une pelouse à l’anglaise à côté d’un verger fleuri et on file réserver une rando pour le lendemain et se mettre à table.

Et oh agréable surprise, un joli petit couple est attablé et ils parlent français ! 😀

Ema et Clyde, bruxellois, 25 ans tous les deux, elle baroudeuse venant de finir ses études d’anthropologie, lui cinéaste (dont je suis curieuse de voir le court métrage réalisé en Islande). Ils trimbalent avec eux un appareil photo argentique de ouf ! Qui fait son poids! Et ne laisse pas les gens indifférents. Un Mamyia qu’ils ont bien voulu nous montrer. Appareil un peu magique ! Une visée qui donne une profondeur et presque du relief aux images ! Impressionnant ! Je suis curieuse de voir les photos à leur retour de voyage.

Passer 3 soirées en leur compagnie nous aura vraiment fait du bien. C’est vraiment cool d’échanger un peu art culture et politique voyage avec des gens si sympathiques 😀 et qui savent écouter. Et c’est impressionnant de voir à quel point les belges connaissent la politique française. L’inverse n’est malheureusement pas vrai 😬.

Bref ! Le soir meme nous décidons de randonner le lendemain et ils se joindront à nous.

Après une nuit agitée et nauséeuse je ne me sens pas d’attaque pour marcher. En fait j’ai un coup de chaud et je ne veux pas aggraver mon cas, le soleil tape déjà de bon matin. Nous ferons donc une journée relax, de glande absolue.😁

Le soir je vais déjà mieux, Ema et Clyde ont apprécié la rando, nous font un peu le topo, on confirme donc notre départ pour le lendemain.

Bonne nuit réparatrice, et en route ! Nous chargeons nos sacs avec les paniers repas, je réclame de l’eau supplémentaire.

Là le sketch commence.

Ruslan nous amène et nous présente notre guide, Badina, déjà avec une demi-heure de retard. 10h30 c’est déjà très tard. La rando n’est pas difficile, la montée est tranquille, mais la chaleur est dure à supporter. Badina, nous invite à faire des pauses régulières à l’ombre des arbres rares sur le trajet. Je bois toutes les 15 min quelques gorgées d’eau tellement j’ai la gorge sèche et tellement j’ai peur de l’insolation. Au bout d’un moment Badina nous tend sa gamelle pour avoir de l’eau. Stupéfaction ! Elle n’a pas d’eau ! Je croyais que c’était une Warrior et que c’est pour ça qu’elle ne buvait pas . Mais pas du tout ! Elle n’a pas d’eau !!! A partir de là on partagera avec elle à chaque fois. Nous arrivons au refuge vers midi. C’est ici qu’elle ira charger une bouteille avec de l’eau de source… Ok !

Elle nous explique que la cascade n’est pas loin. Si on est d’accord, on laisse les sacs à dos au refuge, on va à la cascade et on reviendra pour déjeuner. Ok!

Joli point de vue sur la cascade, un peu frustrant de ne pas pouvoir aller au pied de celle ci. Là elle nous montre ses chaussures, des baskets roses complètement déchirées sur la partie qui couvre les orteils et nous dit qu’il faut faire demi tour. 😳! Je n’avais pas remarqué l’état des chaussures en début de rando, mais c’est évident que ça ne s’était pas produit en 2h de marche. Devant nos mines atterrées elle n’insiste pas et on va jusqu’au passage à guet en amont de la cascade chercher un peu d’air frais et se rafraîchir à l’eau glacée. Puis elle nous propose de continuer tout seul. On lui demande de continuer avec nous. Mais on n’a pas d’eau! Elle est restée dans les sacs à dos ! Au bout d’un moment on demande quand nous pourrons avoir de l’eau. Elle nous dit qu’il faut retourner au refuge ! L’hallu!!!

On fait demi tour, j’étais furax ! Mais pas d’énervement, la priorité c’est boire ….

Au refuge nous rencontrons d’autres voyageurs, accompagnés de Svetlana, l’autre référence dans la région, elle a l’air très cool. Les voyageurs sont un couple alasko-finlandais qui vit en georgie, et 2 filles slovènes. Nous discutons un peu (Finlande et road trip) je me détends, on déjeune, et nous rentrons… Ayant eu le topo de nos amis belges j’ai questionné notre guide sur ce qu’on trouvait : des crottes fraîches d’ours et de loups, puis des noms de fleurs.

Honnêtement les paysages sont jolis mais randonner dans ces conditions guide naze et chaleur c’était plutôt moyen.

Le soir venu, debrief avec Ruslan qui s’excuse et ne nous comptera pas le prix total de la rando. Les filles n’ont pas l’air bien vues dans le métier… en tout cas, pas de Ruslan…

Le dernier jour un groupe de 11 camping cars est arrivé. Ils ont un peu modifié le paysage… On n’aurait pas aimé arriver en même temps qu’eux… C’étaient des hollandais en majorité, ils font presque le même périple que nous mais en 4 mois. Puis d’autres voyageurs backpackers. C’était vraiment cool de se retrouver à table le soir, il y avait un couple d’allemands, un couple de hongkongais, un couple de belges et nous… Ça parlait anglais, et pas mal des problèmes actuels à Hong Kong; Vraiment 3 jours agréables chez Ruslan.

Maintenant on doit reprendre la route avec toujours cette appréhension de la chaleur…. Direction Almaty.

Catégories : Kazakhstan

4 commentaires

Debreucq Michel · 11 août 2019 à 18:40

Beau changement de décor avec la steppe précédente et belles rencontres.Les guides sont parfois surprenant(e)s…

    Estelle Rhoo · 12 août 2019 à 15:40

    Oui on n’a pas eu de bol pour le guide mais on n’en garde pas un mauvais souvenir. Les 3 jours dans la réserve nous ont fait du bien.
    J’espère qu’on verra encore de la steppe et des montagnes, c’est vraiment incroyable de traverser ces zones « presque » désertes. Et c’est le presque qui est impressionnant

Patrick · 12 août 2019 à 08:50

Déjà au Turkestan, vous avancez vite! Vous n’avez pas l’intention de vous poser une semaine ou deux à glander sur un spot sympa?

    Estelle Rhoo · 12 août 2019 à 15:45

    Pour l’instant on est bon niveau planning. La zone du Kazakhstan qu’on a traversée n’est pas vraiment propice au spot pour glander quelques jours. C’est à partir de maintenant qu’on risque de se fixer un peu pour rayonner niveau rando. On va voir. Ça vous intéresse ??😃 Vous nous rejoignez dans les montagnes du Kirghizistan courant septembre ?! 😀

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