De la vallée de Sokuluk nous avons pris la direction de Osh. Ça a un petit gout de fin de traversée du pays car c’est par elle que nous passerons en Ouzbekistan. Mais pas du tout ! On a encore plein d’endroits à visiter! Nous passons par Toktogul et son lac, les gorges de la Naryn, Arslanbob et ses noyers et un petite surprise avant de continuer vers Osh.

Nous prenons la route pour le lac de Toktogul, avec un peu d’appréhension puisque nous devons passer un col à 3500 m et on ne sait pas si le camping-car passera cette altitude sans tousser. La route est une longue approche qui monte tout doucement et qui termine par quelques virages et une montée plus raide avant d’arriver au col. Très bizarrement, avant les grands virages, je ne sentais pas du tout la route monter, alors que tout le long de celle-ci on voyait bien l’eau de la rivière couler en sens inverse, et Philippe était obligé d’appuyer sur le champignon pour avancer… On évolue dans la montagne, on double des poids lourds qui ont du mal à monter, la route est en bon état, et on la partage comme d’habitude avec chevaux vaches moutons, etc… C’est une des rares routes très bien entretenue, elle est le seul passage entre Bichkek (la capitale) et Osh (deuxième plus grande ville). Là-haut, nous prenons le tunnel juste avant la neige. Aucun problème! De l’autre coté, belle vue sur la vallée, le temps est beau, mais brumeux. Nous redescendons et doublons les poids lourds qui descendent à 2 à l’heure, (on suppose) en première.

Nous traverserons la ville de Toktogul, et campons au bord du lac artificiel retenu par le plus gros barrage d’Asie Centrale. L’atmosphère est calme, toujours de la brume, des montagnes colorées, un lac comme un miroir, personne. Un premier campement au nord du lac, au milieu d’herbes folles incitant à la détente 😉 mais qu’on ne touchera pas… Et un campement au sud, où Philippe se laissera tenter par une baignade . Qu’est ce qu’on est bien là-haut!!!

Puis on reprend la route, pour descendre la vallée de la Naryn, de l’autre coté du barrage. Encore une fois c’est splendide. Les montagnes rouges, l’eau turquoise. Un régal.

Pour la suite nous avons hésité entre Sary Chelek (lac de montagne, et réserve naturelle) et Arslanbob, un village « riche » de ses forêts de noyers et de son tourisme. Nous choisissons le deuxième. Mouais. Campement obligatoire sur une aire dédiée à l’entrée du village, sans toilettes ni eau (pas tellement un pb pour nous mais c’est abuser). Nous faisons « la » balade jusqu’à la cascade qui donne un point de vue sur le village et continuons jusqu’aux forêts de noyers. La saison touristique est terminée, les stands sont déserts. La récolte des noix est en cours, ou débute, ou se termine, on n’arrive pas vraiment à savoir. Beaucoup de clôtures et pas pratique de se balader. GRRrrr. Nous n’avons vu que des enfants sous les arbres, les filles se cachaient à la vue de mon appareil (elles font ce qu’elles veulent hein, mais je suis polie je demande avant de photographier!).. Les « hello » habituels étaient plutôt rares. Mais on a quand même pu échanger avec des filles toutes fières de parler anglais :D. Et chose très remarquable : nous avons vu une femme sur un cheval!! C’est je crois quelque chose de mal vu au Kirghizistan… Comme quoi !

Ce village construit dans la montagne, tout en montées et en descentes, et surtout plein de poussière, cachait aussi un parc d’attraction. Nous ne savons pas s’il est abandonné ou si la saison est fermée… Nous n’avons pas rencontré de fantômes

Ensuite nous tentons de prendre la nouvelle route en cours de construction entre Osh et Bichkek; par curiosité, pour voir… On sait qu’elle passe par Kazarman, un chouette endroit. Bon ben en effet elle est en cours de construction… On ne pourra pas aller jusqu’à Kazarman. Pas grave, on passe une nuit tranquille et sur le chemin du retour… je fais remarquer à Philippe qu’il doit y avoir un événement dans le coin parce qu’il y a plein de camionnettes qui transportent des chevaux sellés. D’habitude les chevaux ne sont pas sellés et ils sont transportés en groupe… Peut être y a t-il un match de Kok Boru?? Au bout d’un moment nous décidons de mener l’enquête! « Demi-tour! Suivez cette camionnette! »

Après deux ou trois allers retours sur la route à suivre plusieurs camionnettes, on finit par prendre la bonne route…. Et là, plein de camionnettes… On double un cavalier, j’ouvre ma fenêtre, et même pas le temps de poser la question, il nous fait signe que c’est tout droit, là-bas!… En effet, derrière le village, au loin, un nuuuaage de poussière monte dans le ciel. On se gare et on rejoint à pied le terrain vague, à coté de la décharge. Plein de petits groupes de cavaliers sont éparpillés à l’ombre rare des arbres du parking, ou sur le terrain vague, lieu d’exercice du Kok boru. Des cavaliers de tous les âges arrivent, ou partent… On s’assoit on observe. En fait, c’est un terrain d’entrainement, et lieu de conversation des villageois de la région….. Je suis la seule femme sur le terrain, et il y a du monde! En plus je prends les photos!!! Un joueur vient nous saluer, les villageois observateurs ne nous parlent pas trop. Puis le spectacle devient intéressant. Après de longues observations nous concluons que c’est uniquement de l’entrainement, il n’y aura pas vraiment de match aujourd’hui. Mais on peut quand même observer des morceaux de bravoures, des courses effrénées, et des mêlées serrées et animées.

Le kok-boru de ce qu’on a compris : ça se joue avec 2 équipes à cheval. Le but : choper la carcasse de mouton étêtée lestée et recousue, et la mettre dans le but défendu par l’adversaire. Donc concrètement les passes importantes sont la transmission de la carcasse au sein d’une même équipe, aller piquer la carcasse chez l’adversaire, courir le plus vite possible pour se rapprocher ou s’éloigner d’un but, utiliser les mêlées (ou pas) pour l’échange de carcasse. Après on a vu qu’il y avait des chiens qui n’arrêtaient pas de courir et suivre la meute… On sait que l’apprentissage des chevaux coûte une fortune, que certains les traitent bien, d’autres non.

Voilà une interprétation toute personnelle hein!

Tite vidéo pour l’ambiance!

Pour avoir aperçu des images de match par la suite, j’avoue j’aimerai bien aller voir un match en vrai!

Nous sommes repartis tout content de notre découverte! 😀

Catégories : Kirghizistan

10 commentaires

matthieu constancis · 3 octobre 2019 à 19:23

Yes, quelle chance d avoir assisté à cet entraînement de equin !! On est en plein dans les cavaliers de Kessel !

    Estelle Rhoo · 5 octobre 2019 à 03:21

    Oui le Kok Boru vient d’Afghanistan où il s’appelle bouzkachi. Je ne connaissais pas ce livre de Kessel. Une prochaine lecture du coup ! Merci 😉

Cécile M · 3 octobre 2019 à 21:21

Encore des supers photos. Entre les montagnes blanches au bord du lac tranquilles et les courses de chevaux, ça fait pas mal de contrastes !

    Estelle Rhoo · 5 octobre 2019 à 03:18

    C’est exactement ça . On est passé d’une atmosphère brumeuse flottante un peu en apesanteur, à l’agitation la course et la poussière 🙂

Debreucq Michel · 4 octobre 2019 à 08:53

Maaaagnifique!!!! Vous avez vraiment eu du nez de suivre ces cavaliers qui vous ont amenés à ce Kok-boru (sur la liste du Patrimoine culturel de l’humanité), sport national dans ces régions d’Asie centrale. Les photos sont saisissantes, de vrais peintures.

    Estelle Rhoo · 5 octobre 2019 à 03:22

    Merci Michel ! ❤️

Patrick · 4 octobre 2019 à 20:37

Ah, enfin des emmerdes. Le sel des voyages, sans ça rien n’a de gout! J’espère que vous en aurez des plus compliquées, là c’est pas bien épicé!

Bon en tout cas ça commence à avoir de l’allure votre voyage, ca tient ses promesses. Très pittoresque le kok-boru.

    Estelle Rhoo · 5 octobre 2019 à 03:28

    Mais quel vilain ! Je t’assure qu’on n’a pas besoin d’emmerdes pour apprécier notre voyage 🤩.
    Merci pour compliment sinon 😄

Micheline · 6 octobre 2019 à 17:18

Photos et commentaires sont dignes de grands reporters. Il ne vous restera plus qu’à écrire un livre ! Merci de nous faire voyager confortablement bien installée dans mon canapé sans les « emmerdes » ! Heureuse de vous savoir en vie et en forme. À mon niveau mon roadtrip fut l’été à Vichy et retour à Lyon. Cela m’a suffit !
À bientôt pour vos nouvelles aventures

    Estelle Rhoo · 9 octobre 2019 à 19:19

    Haaa Vichy et ses vertus revigorantes! Comme chaque année, ça fait toujours son effet! 😉 Nous sommes contents d’avoir de vos nouvelles, bisous! à bientôt!

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