Nous quittons Mashad pour aller au centre du pays, à Yazd. Nous passerons par Zafaraniyeh, Tabaz, Kharanak, Chak Chak et Meybod. Nous allons prendre une route entre 2 déserts. A notre droite, Dasht-e Kavir, le désert de sel, à notre gauche Dasht-e Lut, le désert du vide.

Nous avons un timing serré puisque nous avons programmé une visite guidée du désert de Lut depuis Kerman dans 5 jours.

Je voudrais passer un peu de temps à Yazd, mais il y a pas mal de kilomètres à tirer, les journées sont courtes et on évite de rouler de nuit. L’Iran fait 3 fois la surface de la France! Et les distances sont beaucoup plus grandes qu’elles ne paraissent sur la carte. Heureusement la bonne qualité des routes permet de bien rouler.

Allez on quitte la ville et on retrouve la route, les grands espaces, les montagnes, dont les couleurs rappellent vaguement le Kirghizstan. On arrive assez vite à Zafaraniyeh. Ce nom vient de la couleur safranée de la terre utilisée pour les constructions du village. On visite un caravansérail plutôt bien conservé, une ancienne forteresse, et une glacière, mais qu’est ce donc? En lisant le guide je me suis demandé à quoi ça pouvait ressembler. C’est une construction qui permet de conserver de l’eau fraîche. Les glacières étaient encore utilisées dans les années 70, et même encore maintenant. Bon, et bien arrivée devant, je suis restée comme une poule devant un mégot. Je dirais pareil pour Philippe. On sait qu’on y dépose un morceau de glace quelque part, que les murs en torchis très épais permettent de conserver la fraîcheur à l’intérieur, il est dit que l’eau est récupérée dans une espèce de bac en pierre à l’extérieur; mais on n’a pas compris comment ça fonctionnait. Personne dans le village pour expliquer… On aura d’autres occasions. Ensuite nous allons jusqu’au caravansérail, avec ses jolies portes, ses allées voûtées ses jolis plafonds arrondis. On apprendra plus tard que les toits de forme arrondie permettent de limiter l’exposition au soleil, et donc de garder la fraîcheur à l’intérieur. On voit encore des traces des feux faits dans les « cellules ». Puis rapide balade dans la forteresse en ruine, et retour au CC pour camper.

On se lève tôt pour profiter d’un maximum de soleil et avancer. Objectif, Tabas ce soir. On traverse plein de paysages différents, la route est vraiment belle. On aperçoit au loin un lac, mais non! C’est un mirage! 😀 Notre premier mirage! Puis enfin un vrai lac. Au soleil couchant nous passons à toute vitesse devant une oasis. Palmiers, constructions en torchis, couleurs sont magnifiques, dépaysement total! Punaise! On y est! Mais on n’a pas le temps de s’arrêter, dommage.

Arrivée à Tabas de nuit. Après une courte promenade, à la recherche de restau, on pensait pouvoir passer par le jardin de la mosquée pour retourner au cc. Comme il fallait un tchador pour entrer on n’a pas insisté, mais les femmes nous ont rattrapés et m’ont donné de quoi me couvrir… Bon ben on a visité alors :-).

Lendemain, reprise de la route vers Yazd. Avec une route encoooore plus belle! Oui c’est possible! Une impression de force se dégage de ces montagnes. C’est vraiment magnifique. On passe par un lac ou ce qui doit être un lac à certains moments dans l’année. Là il ne reste que la terre sèche et les traces de sel. L’Iran abrite plusieurs types de déserts, on y trouve de l’eau mais elle est souvent légèrement salée. On croise une ruine de caravansérail et de forteresse. Un couple de routards suisses y passera la nuit. Et nous continuons.

Alors Kharanak, un château, un village et des bains abandonnés. Nous arrivons environ une heure avant le coucher du soleil, et nous y camperons le soir. Nous entrons dans le village abandonné par un endroit sur le coté, pas loin d’où nous sommes garés. C’est un vrai labyrinthe. Des parties sont rénovées, d’autres non. On déambule dans un silence presque absolu. Pourtant il y a de la vie dans le village alentour, mais c’est très calme. Puis nous entendons des voies, ce sont d’autres touristes, c’est un groupe d’italiens, les femmes sont super classes comme d’hab! Ils parlent français, nous profitons tous du coucher de soleil sur le village. Nous ressortirons par l’entrée payante.. Hé bien pour une fois ça sera gratos! :p

Puis on reprend la route! Comme toujours! Cette fois j’ai l’impression d’être dans le film Dune. Des grands espaces, arides, sauvages, les montagnes et le vent… Nous allons vers Chak Chak, via une route qui sinue entre montagnes et sable. Allons nous trouver les épices??! ;-). Nous trouvons le lieu de culte Zoroastre Chak Chak. L’histoire raconte qu’une princesse fuyait ses poursuivants, et acculée dans la montagne, elle se mit à pleurer et demanda à Dieu de la sauver. Vœu qu’il exauça. Depuis, une source coule de cette montagne… Les larmes de la princesse. Pour info, les femmes en période menstruelle ne sont pas autorisées à entrer dans le temple… :|. Comme quoi, les discriminations ne datent pas d’aujourd’hui. Cela dit, la vue de la-haut est encore une fois magnifique.

Puis nous prenons la direction de Meybod, pour visiter une glacière, encore, avec cette fois l’espoir d’avoir une explication complète, et un pigeonnier. Parce que ça peut être joli un pigeonnier. Alors, résultat des courses, le coût des entrées pour visiter est multiplié par 3 par rapport au dernier guide du Lonely Planet (entre parenthèse, ce n’est pas la faute du guide, les prix ne cessent d’augmenter)… Et un peu plus d’explications pour les glacières. La glace se forme dans des bacs extérieurs à l’ombre de la glacière, puis les blocs de glace sont transportés à l’intérieur et conservés par la fraîcheur de l’épaisse construction conique en torchis… Ouf…

Enfin Yazd, où nous ne pourrons passer que 2 nuits. Ville assez touristique, très agréable, avec une vieille ville presque piétonne où il fait bon se balader le soir. On a découvert la spécificité des portes des habitations : un heurtoir pour les dames, un autre pour les hommes… Je crois que je me serais amusée à utiliser les 2 heurtoirs en même temps. Une jolie mosquée à visiter, et surtout ses tours du vent. Des constructions en hauteur dans beaucoup de maisons, pour capturer le vent et aérer l’intérieur de celles-ci; non seulement aérer mais rafraîchir grâce à quelques bassins d’eau placés sur le parcours du vent pour humidifier l’air : une clim écologique. Nous avons aussi visité le musée des qanats. Ce sont des canaux d’irrigation pour les champs et ils permettent aussi d’amener l’eau dans les villes. Avec un pays rempli de déserts il fallait bien trouver un système ingénieux pour bénéficier de l’eau venant des montagnes. Les canaux sont creusés sous terre, à la main, travail de titan, des mécanismes permettent de répartir l’eau dans les villages, selon leur taille et les besoins en irrigation. Des arbres sont plantés le long des canaux pour l’ombre, et des trous sont creusés pour l’entretien (évacuer la terre charriée par l’eau). Les maisons bourgeoises bénéficiaient d’un qanat dans leur sous sol : l’eau courante et une pièce fraîche à la maison. La classe!

Nous avons goûté un peu de cuisine iranienne, c’est bon! Même si cette fois ça avait un aspect un peu bizarre… Mélange de noix et sirop de grenades pour moi, pois chiches et pdt pour Philippe.

En nous baladant nous avons croisé par hasard Sarah, avec qui nous avons planifié notre roadtrip guidé dans le désert. Truc de ouf! Le monde est petit! Et on a aussi recroisé 2 touristes polonais avec qui on avait passé la frontière au Turkménistan. Ce monde est encore plus petit qu’on croit !!! Ils nous ont raconté leur expérience du Turkménistan : il est vraiment impossible de communiquer avec la jeunesse turkmène; les adultes veillent et empêchent tout échange avec les étrangers. C’est chaud!

On a visité un marchand de tapis, et on s’est laissé tenter, aïe… « Carpet » Diem! 😀

On a aussi croisé des allemands en Big Rig, sur un tout petit parking dans la ville où c’était pas du tout évident de se garer! L’un d’eux était sympa, et nous a dit qu’ils allaient dans le désert de Lut, mais celui où il y a les plus grandes dunes du monde… Ben oui ça m’aurait ÉNORMÉMENT plu aussi, mais c’est une sacrée expédition, à 3 jours de piste dans le désert, sans ravitaillement, dans une zone pas recommandée du tout (parce que minée pour empêcher le trafic d’opium venant d’Afghanistan). Bref, sans guide et équipement adéquat on n’y va pas. En plus ça coute une blinde. Ça sera pour une prochaine fois! 😀

Pour la deuxième nuit, on quitte Yazd pour avancer sur la route vers Kerman. On dormira à coté de la forteresse de Saryazd. Bon en fait, non. On ne pourra pas rester là. A 2h du matin, la police viendra nous demander de nous garer ailleurs, en ville. On fera donc 500m pour finir notre nuit. Pas grave.

Et demain, Kerman !

Catégories : Iran

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