Conduire au Kazakhstan

Cette Fiche Pratique a été réalisée AVANT d’aller au Kazakhstan, à partir des informations récupérées sur Internet. Il s’avère que certaines de ces informations sont incomplètes ou erronées. J’ai donc mis à jour l’article – le 04/09/2019 – à la suite de notre traversée de ce pays, avec les bonnes informations (les corrections à posteriori sont en bleu italique)

Limitations de vitesse

Voici les limitations de vitesse pour un camping-car au Kazakhstan:

  • En ville : 60 km/h
  • Sur route : 70 km/h => 90 km/h
  • Voie express : 90 km/h => 110 km/h

Je ne sais pas où j’avais trouvé ces limitations??
Bon de toute façon, même sur voie express, le risque d’avoir un trou au beau milieu de la route incite à la prudence et à ne pas rouler trop vite.

Alcoolémie

Tolérance 0: 0g par litre de sang!

Spécificités du Kazakhstan

  • Il faut toujours rouler avec les feux allumés
  • Le véhicule ne doit pas être sale (dans les grandes villes) => règle pas évidente à respecter vue la poussière très présente, surtout dès qu’on se retrouve sur une piste. Il s’avère finalement que cette règle ne s’applique qu’à Astana.
  • Aux rond-points, c’est la même règle que celui de l’arc de triomphe: priorité aux entrants ! => Heu… J’avoue y être allé un peu au pif sur les rond-points car ce n’est pas aussi clair que ça…
  • Bien respecter les règles car les amendes peuvent être salées: 50€ pour un excès de vitesse, ou suspension de permis pour une ligne blanche coupée. Faire attention aussi à laisser la priorité aux piétons souhaitant traverser sur un passage piéton (normal). Avec le point suivant, il va falloir vraiment être attentif à être « dans les clous ».
    Le problème, c’est que les panneaux de limitation de vitesse ne sont pas toujours très clairs (pour moi en tout cas): déjà, les panneaux de limitation de vitesse lors de travaux ne sont JAMAIS respectés. Il faut dire qu’annoncer 20 km/h pendant des kilomètres, ça n’a aucun sens…
    Ensuite, il y a la règle du 40 km/h… Souvent, ce panneau est couplé avec un autre (piéton, virage, …) et dans ce cas, cette limitation ne s’applique que sur cet événement. Bon, en gros, en ville, il vaut mieux ralentir sur les passages piétons et du coup rouler entre 50 km/h et 60 km/h.
  • De nombreux contrôles policiers inopinés lorsqu’on se rapproche des villes avec des dépassements de lignes imaginaires ou des excès de vitesse sans preuve… Quelques astuces pour éviter de devoir donner des bakchichs : toujours donner une copie de ses papiers, faire semblant de ne pas comprendre, demander à voir leur « superior », et … faire semblant d’appeler l’ambassade de France…
    Alors on a été contrôle qu’une seule fois (à Aqtobe, et ça s’est plutôt bien passé), et pourtant on a traversé Almaty de long en large plusieurs fois. Mais on a toujours fait attention aux règles de conduite, surtout les limitations de vitesse. La police est pourtant très présente sur la route et arrête souvent les automobilistes, surtout les camions .
  • Pareil qu’en Russie, les panneaux de signalisation sont écrits en cyrillique ! Il va vraiment falloir qu’on se mette à lire le Russe…
  • Les villes/villages sont indiqués par des panneaux à l’entrée et à la sortie. Attention: les radars sont souvent placés juste derrière le panneau d’entrée => il faut bien être à 60 km/h en arrivant sur le panneau.

Routes

Les routes principales entre les villes sont plutôt de bonne qualité (travaux récents). Mais le contraste est d’autant plus fort avec les routes secondaires qui sont dans un état pitoyable. => Pas tant que ça finalement. Les routes secondaires sont en moins bon état que les routes principales mais elles restent – dans l’ensemble – plutôt accessibles.
Lorsque la route est trop défoncée, une nouvelle piste se forme en parallèle, créée par le passage régulier des véhicules désirant éviter les nombreux nids de poules, formant ainsi une « route » plus régulière. Ne pas hésiter à s’y engager. => Pas vu. Cela s’applique sur les routes de type « piste » qu’on a pris vraiment que très occasionnellement.

Le pays s’étant engagé dans un vaste projet de réfection de ses routes, il y a de fortes chances qu’on se retrouve au beau milieu de travaux. Pour connaître l’état des routes, il existe un site dédié (en Kazakh): autotourist.kz/index.php/routes => Hyper pratique! On a géré notre traversée du Kazakhstan en fonction de l’état des routes indiquées par ce site.
A compléter avec les dernières news et conseils sur la page dédiée à la conduite au Kazakhstan du site Caravanistan, la bible pour voyager dans les pays en -an.
Autre site à suivre: navizor.com, pour connaître les travaux en cours.

Stationner au Kazakhstan

En journée

De nombreux parkings payants en ville, dont plusieurs avec gardiens. A privilégier. => Pour payer le parking, il existe une appli qui facilite le paiement mais … en Kazakh… On a préféré demander conseil à des personnes dans la rue pour nous aider à payer le parcmètre. En plus, ça crée des rencontres sympas ! Pas besoin d’avoir un parking avec gardien (en tout cas en journée). C’est un pays dans lequel on se sent vraiment en sécurité.

Pour la nuit

Il n’existe pas de campings officiels mais il est possible de s’installer un peu partout. Vu la taille et la densité du pays, il y a peu de risque de déranger qui que ce soit…

Attention toutefois aux réserves naturelles où le camping sauvage est réglementé.

En ville, il est possible de s’installer sur le parking des hôtels en demandant l’autorisation à l’accueil.
Dans les villages, on peut aussi demander à des familles pour s’installer dans leur jardin. Mais il faudra surement passer par la visite du camping-car !

Autre solution: utiliser l’appli iOverlander. Vraiment très pratique pour trouver des bons spots mais elle n’est pas dédiée aux camping-cars, du coup, on se retrouve parfois avec des lieux inaccessibles.

Energies

Essence

On trouve du diesel un peu partout mais attention tout de même aux zones reculées. Le mieux est d’utiliser l’appli iOverlander pour trouver les stations.

Prix moyen d’un litre de diesel: 0,45€.

Normalement, la qualité du diesel au Kazakhstan est plutôt bonne même s’il est préférable de s’approvisionner en ville plutôt qu’à la campagne. Les stations KazMunaiGas ou Helios ont bonne réputation.
On ne s’est approvisionné que dans ces 2 stations. Elles sont plutôt bien représentées dans tout le pays, même si on s’est fait peur une fois avec un niveau d’essence bas (aller/retour aux lacs Kolsay). Il ne faut pas hésiter à faire le plein dès qu’on en voit une.
Ah, et le principe pour faire le plein est le suivant: il faut aller d’abord à la caisse avant de se servir, indiquer le numéro de la pompe, donner le type d’essence, et :

  • soit vous payez d’abord – avec du cash – et la station vous rembourse la différence si vous n’atteignez pas la somme donnée
  • soit vous faites comprendre que vous voulez payer en CB et que vous ne paierez donc qu’une fois le plein réalisé. Bien que toutes les stations acceptent la CB, ce n’est pas vraiment la règle. Et donc, ils ont plutôt l’habitude de recevoir l’argent AVANT de distribuer l’essence…

Eaux / WC

L’eau du robinet n’est pas potable.

Le ravitaillement en eau se fait un peu comme en Russie: à l’aide de petites pompes à eau, qui se trouvent dans les villages en bord de rues. Ou dans des sources que l’on repère sur les applis OSMAnd ou iOverlander. L’approvisionnement à une source permet d’avoir une eau de bonne qualité, mais cela oblige à quelques allers/retours avec des bidons/jerrycans. Ça fait les muscles… 🙂

Pour la vidange des eaux grises: aucune info trouvée. J’imagine que cela doit être comme en Russie: en pleine nature. => Oui !

Gaz

Il semble que le remplissage des bouteilles de gaz soit faisable dans les stations services. A confirmer…
On a eu besoin de remplir 1 seule fois notre bouteille de gaz propane. Je suis allé dans une station qui distribue de l’essence ET du gaz. Car beaucoup de voitures roulent au gaz (c’est moins cher). Le gars n’était pas très à l’aise et n’a rempli la bouteille que de quelques kilos mais je pense qu’on peut en trouver facilement. Là encore, l’appli iOverlander est bien pratique.

Electricité

La fréquence est la même (50Hz) mais le voltage est légèrement plus bas au Kazakhstan (220V) qu’en France (230V). Mais cela ne pose pas de problème pour les appareils (on est dans la tolérance prévue par les fabricants). Et pas besoin d’adaptateur : les prises de courant sont compatibles avec les fiches mâles de nos appareils. Par contre, peu de prises reliées à la terre.

Péages

Pas de péage mais des barrages à l’entrée et à la sortie des grandes villes. Cela se passe en avançant très lentement pour laisser la caméra prendre une photo de la plaque d’immatriculation.
On n’a pas vu ces barrages?!?!
Par contre, on a vu des panneaux autour du lac de Kapchagaï qui nous donnaient l’impression d’être sur une autoroute payante … mais pas de péage?!?!

Téléphonie

Vu la durée de notre séjour – on prévoit d’y rester près d’1 mois – on achètera surement une carte SIM sur place. Cela n’a pas l’air très cher.
On est allé chez Beeline et de mémoire on a payé autour de 6€ pour 8Go de données. La couverture n’est pas trop mauvaise mais il faut à minima être non loin d’un « grand » village. Aucune couverture en pleine steppe…

Pour Internet, on peut trouver du wifi un peu partout en ville: gares, restaurants, cafés, … Après, on est dans une dictature: certains sites peuvent être inaccessibles…

Douane

Visa

Bonne nouvelle :

Depuis le 1er janvier 2017, les ressortissants français munis d’un passeport valide pour une période d’au moins trois mois après la date de retour prévue sont exemptés de visa pour tout séjour au Kazakhstan de moins de trente jours. L’enregistrement est effectué au passage de la frontière par l’apposition de deux tampons sur la carte de migration, qui doit être impérativement conservée jusqu’à la sortie du territoire.

Ministère des Affaires Etrangères
Extrait du site du Ministère des Affaires Etrangères du Kazakhstan indiquant – en kazakh – la non nécessité d’un visa pour un ressortissant français pour un séjour de moins de 30 jours

Au delà de 30 jours, un visa reste nécessaire.
Attention, les jours d’arrivée et de sortie du Kazakhstan sont à comptabiliser dans la durée du séjour, quelque soit l’heure d’arrivée ou de sortie.

Assurance camping-car

Le Kazakhstan ne fait pas partie de la liste des pays présents sur la carte verte. Il faudra donc prendre une assurance pour le camping-car en entrant dans le pays. Le plus simple – et le plus sûr pour éviter toute difficulté avec la police – est de s’en procurer une dès la frontière passée. Les 2 plus grandes compagnies, présentes un peu partout, sont Nomad et Centras. Compter environ 35€ pour 1 mois. => Après la douane, on a ignoré les rabatteurs postés juste après pour aller jusqu’à Aqtobe et en prendre une chez Centras. A noter que lors de notre seul contrôle de police, ils n’ont pas du tout regardé l’assurance.

Passage de la douane

On ne sait pas encore trop par où on va arriver au Kazakhstan: en fonction de notre périple en Russie, nous arriverons par Astrakhan (Russie) si on décide de visiter l’estuaire de la Volga, ou bien par Oural (Kazakhstan), si on décide de traverser plus rapidement la Russie.

Attention: la route entre Astrakhan (Russie) et Atyrau (Kazakhstan) est indiquée comme très très mauvaises avec de nombreux nids de poule.

Il n’y a rien à payer au passage de la douane. En venant de la Russie :
La douane après Astrakhan (Zhanaul) est un grand poste mais plutôt sans problème, celle de Taskala – en venant de Saratov – est très simple mais on passe rapidement, enfin, celle de Mashtakov – sur la route venant de Samara – est plutôt correcte. Bref, si on peut choisir, autant prendre le poste de douane de Taskala.
Finalement, on est passé par la douane entre Orenbourg (Russie) et Aqtobe (Kazakhstan). Et ça s’est très bien passé ! Il y a du monde mais les douaniers sont plutôt sympas. On est passé en 3h30.

Attention à bien vérifier que la carte de migration possède 2 tampons (=> voilà, c’est surtout ça qu’il faut vérifier!!). Si ce n’est pas le cas, il faut demander à l’obtenir. Sinon, il faut passer – sous 5 jours – dans un bureau de l’OVIR (police de l’immigration) pour s’enregistrer. Et là, on peut vite tomber dans les horreurs kafkaïennes de l’administration…

Les documents délivrés doivent être conservés précautionneusement.

Remarque: bien conserver le document d’import temporaire du véhicule obtenu lors de l’entrée en Russie. Il reste valable pour le Kazakhstan du fait de l’Union Douanière entre ces 2 pays.

Sécurité

En arrivant au Kazakhstan, on entre dans une zone sismique qui englobe ce pays, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan. Il peut donc y avoir des petites secousses … sachant que les plus grosses ont déjà détruit 2 fois la ville d’Almaty au 20ème siècle.

Sinon, le pays est plutôt sûr: la police est très présente ainsi que les caméras de surveillance.

Il y a quand même une zone à éviter absolument … si on ne veut pas avoir un 3ème bras. Suite à plusieurs expériences nucléaires pendant la période soviétique, la région au nord-est du Kazakhstan possède un fort taux de radiation.

Par contre, plus compliqué, il existe plusieurs zones de restrictions à la circulation pour les ressortissants étrangers; par exemple le site de Baïkonour et les abords de la mer d’Aral. La liste est donnée sur le site de France Diplomatie. Une autorisation (« propousk ») peut être demandée auprès de l’OVIR (police de l’immigration) pour pouvoir s’y rendre mais il faut attendre une dizaine de jours pour l’obtenir.
Et le problème, c’est que l’une de ces zones est très large car elle est décrite comme le « périmètre de 25 km le long des frontières extérieures du Kazakhstan » et que plusieurs sites touristiques se trouvent dans ces zones (car la grande ville d’Almaty est proche de la frontière). Mais – normalement – les accès directs à ces sites sont autorisés aux touristes étrangers. Donc pas de chemins détournés sous peine d’amende !!
Voici les sites autorisés bien qu’étant en zone de restrictions: grand lac d’Almaty, lacs de Kolsaï, Canyon de Charyn, lac Alakol, patinoire de Medeu, station de ski de Chymboulak.
Oui, les grands sites touristiques sont en accès libre et on ne se pose pas trop de questions. C’est plutôt si on veut accéder à des sites spécifiques qui sont de toute façon difficiles d’accès et qui nécessitent souvent de passer par une agence. Et dans ce cas, l’agence se charge de demander l’autorisation.

Vaccins

Aucun vaccin obligatoire pour rentrer au Kazakhstan, mais quelques vaccins conseillés comme la rage, la fièvre typhoïde, les hépatites A et B et l’encéphalite à tiques.

Concernant cette dernière, les tiques sont très présentes dans la région d’Almaty, d’avril à juin. Il est donc important de bien se couvrir et d’utiliser des répulsifs lors de balades en forêt pendant cette période. Et de bien s’ausculter en fin de journée pour vérifier si une tique a pu passer malgré tout.
Si c’est le cas, l’ôter à l’aide d’un tire-tique et se rendre dans un centre d’urgence médicale dans les 3 jours qui suivent afin d’y recevoir un traitement préventif contre l’encéphalite à tiques (injection d’immunoglobuline). Les soins médicaux sont gratuits. L’injection doit être suivie d’une visite chez le neurologue.

En ce qui nous concerne, nous serons au Kazakhstan en août, donc bien après la période indiquée. Nous avons donc fait le choix de ne pas nous vacciner contre l’encéphalite à tiques.

Remarque: la CEAM (Carte Européenne d’Assurance Maladie) ne fonctionne pas en Russie.

Monnaie

Il s’agit du tengue (KZT). A date, avec 1€ on peut acheter environ 435 KZT. Les calculs vont être compliqués…

Il y a des distributeurs bancaires partout. Il est même possible de retirer des dollars dans les grandes villes.

Les paiements se font principalement en cash plutôt qu’en CB. Mais on peut tout de même payer en CB dans pas mal d’endroits (stations-services, supermarchés, grands restaurants, …)
Il n’existe pas vraiment une logique de pourboire.

Décalage horaire

Le Kazakhstan est traversé par 2 fuseaux horaires. Cela signifie que l’heure à l’ouest du pays n’est pas la même qu’à l’est.

Ainsi, il faut compter un décalage avec la France de +3 heures en été (+4 heures en hiver) lorsqu’on est dans l’ouest du pays.
Cela signifie que lorsqu’il est 12h en France, il est 15h à Aqtobe en juillet, et 16h en décembre.
Cela signifie aussi qu’en fonction de notre point d’entrée au Kazakhstan en arrivant de Russie, il faudra avancer notre montre de 1 (si on arrive par Samara) à 2 heures (si on arrive par Volgograd). Ou plus simple: demander l’heure en passant la douane…

Peu de temps après avoir quitté Aqtobe, en continuant notre petit périple vers l’est, il faudra avancer à nouveau notre montre d’1 heure (surement lorsqu’on visitera la mer d’Aral). => Finalement, c’est notre téléphone, connecté sur le réseau Kazakhe qui nous a prévenu :).


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